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La brique de verre, compagnon de longue date des couloirs et même de quelques salles de bains un peu démodées, connaît un véritable regain d’intérêt dans la décoration intérieure. Les designers et les amateurs de bricolage ont découvert pourquoi les architectes l’utilisent pour une raison très simple : il permet de diviser un espace sans jamais laisser passer la lumière.

Un matériau né dans les usines, adopté par les maisons bourgeoises

Le concept de la brique de verre a été breveté dès 1886 par l’architecte suisse Gustave Falconnier, pendant la période où elle a commencé à être utilisée pour éclairer les ateliers et les usines sans faire de nombreuses ouvertures. C’est grâce à ce passage de la Première à la Deuxième Guerre mondiale que le matériau a été adopté par les architectes modernistes pour les bâtiments résidentiels. L’exemple le plus significatif est sans doute la Maison de verre, construite à Paris vers 1932 par Pierre Chareau : ses murs translucides permettent à la lumière d’entrer tout en assurant la vie privée aux occupants.

Le matériau a connu un autre regain de popularité dans les années 1980 avec des exemples comme la façade de l’Opéra de la Bastille, après quoi il est devenu démodé, étant trop étroitement lié à cette période précise. C’est en effet ce lien avec l’héritage du XXᵉ siècle et la tendance des « matériaux bruts » qui fait revenir ce matériau.

Pourquoi elle revient : des atouts qui dépassent la simple mode

La première et la plus importante propriété de la brique de verre est sa capacité de diffusion de la lumière sans révéler : un mur de brique de verre permettra à la lumière d’une pièce de se rendre dans une autre mais floutera la silhouette, donc ce sera un choix idéal pour une pièce sans lumière, un escalier, un couloir sombre. Contrairement à un simple toit de verre, il sert aussi de véritable isolation : grâce à la chambre d’air entre les deux couches de verre, il offre une isolation thermique et acoustique que le verre ordinaire ne possède pas, donc il réduit les niveaux de bruit et empêche la perte de chaleur pendant la période hivernale. Sa durabilité en fait un bon choix pour les pièces où il y a de l’humidité et en cas d’exigences de sécurité incendie, tandis que son entretien est facile : il suffit d’une éponge, sans risque de formation de moisissure ou de traces durables. Enfin, par rapport à un mur de plâtre habituel, il ne s’use pas avec le temps et est résistant aux chocs mais recyclable, ce qui devient un facteur de plus en plus important dans le choix du matériau de rénovation.

Des finitions bien plus variées que le modèle « années 80 »

La variété des finitions proposées a apporté un véritable changement aujourd’hui. Alors que l’imagination populaire associe encore ce matériau à sa forme carrée transparente, on trouve maintenant des carreaux hautement polis qui garantissent encore plus l’intimité, des carreaux texturés avec des finitions ondulées et granuleuses pour créer des effets optiques de la lumière et des carreaux aux couleurs vives comme le bleu, l’ambre, le vert et le rose qui apportent une touche de personnalité à l’ambiance. Même la forme est repensée, le classique carreau carré a été rejoint par des briques rectangulaires permettant des agencements décalés et des joints presque imperceptibles qui donnent un look plus léger comparé au classique carreau avec des joints visibles. Même les cloisons courbées qui étaient difficiles à réaliser avec ce matériau sont maintenant possibles,permettant de structurer l’espace sans poids visuel.

Où l’utiliser chez soi

Son utilisation la plus naturelle se trouve dans la salle de bain où le mur de la douche et la cloison de la baignoire en briques de verre sont absolument étanches et permettent d’éclairer l’espace. Dans la cuisine, il convient aux personnes qui ne peuvent pas décider si elles préfèrent une cuisine ouverte ou fermée car il va délimiter l’espace sans bloquer la lumière et donner un sentiment d’ouverture. Dans la chambre ou la suite parentale, il est parfait pour faire une légère séparation dans un loft ou une grande pièce sans avoir à construire tout un mur, et la même chose s’applique à la séparation d’un coin du bureau à domicile dans un salon. Ce matériau devient particulièrement précieux quand il s’agit d’éclairer de tels endroits comme les couloirs et les escaliers qui sont habituellement les endroits les plus sombres d’une maison. Résistant aux intempéries, il trouve sa dernière application en extérieur, la création d’une façade ou d’un jardin ou d’une terrasse.

Budget et pose : ce qu’il faut prévoir

En termes de prix, comptez en général entre 5 et 20 € par brique à l’unité hors pose, c’est un des matériaux de cloisonnement les moins chers du marché. Le tarif de pose dépend de la complexité du projet et oscille entre 50 et 250 € par m² lorsqu’on passe par un professionnel. Un point d’attention avant de commencer : le poids d’un mur en briques de verre est bien plus élevé que celui d’une cloison classique, il faut donc vérifier que le sol, notamment un plancher bois, est capable de le supporter. Pour un mur porteur en mortier armé, il vaut mieux faire appel à un maçon ou à un vitrier spécialisé ; une installation plus légère au niveau du système de croisillons reste à la portée d’un bricoleur averti.

Un allié pour vos revêtements plutôt qu’une concurrence

Le matériau repose sur la lumière et la transparence ; c’est pourquoi il fonctionne bien avec des sols et des murs qui le complètent mais ne lui font pas d’ombre. Un carreau de couleur, soit blanc soit anthracite, se marie très bien avec un mur de briques de verre sans rendre l’espace trop lourd. Par exemple dans la salle de bain, un carreau mural de couleur avec un mur de briques de verre forme l’ensemble : le carreau apporte la couleur et la texture tandis que le verre apporte la lumière.

Les briques de verre ne sont plus seulement le matériau statique des vestibules des bâtiments des années 80. Elles isolent et durent longtemps, ont différentes finitions et un prix raisonnable ; elles répondent à tous les besoins actuels : plus de lumière à l’intérieur des pièces et des intérieurs ouverts sans être enfermés.